mediatheque-theodore-monodFruit d’une volonté partagée par l’ensemble des décideurs locaux, la mise en réseau de la lecture publique au sein de la Communauté de communes Vallée de l’Hérault vise à satisfaire les besoins culturels de la population tout en participant au développement global du territoire.


Début octobre, le réseau intercommunal des médiathèques de la communauté de communes Vallée de l’Hérault mettra en ligne un catalogue collectif de plus de 100 000 références. Grâce à cette médiathèque virtuelle, les habitants pourront réserver, depuis leur domicile, les livres, disques ou DVD détenus indifféremment dans l’une ou l’autre des bibliothèques de l’intercommunalité déjà informatisées, soit quinze établissements sur un total de vingt et un.
La communauté de communes, qui regroupe vingt-huit communes totalisant 30 070 habitants, a choisi de faire de la lecture publique un outil d’aménagement du territoire. Plutôt que de créer une médiathèque centrale, elle a préféré fédérer les établissements existants au sein d’un réseau coopératif, non hiérarchisé, tout en aidant les villes non équipées à créer leur bibliothèque.

Un transfert de compétences partiel

« Dans un territoire vaste, constitué de petites communes, les élus ont choisi de privilégier les structures de proximité, explique Yvan Ravaz, bibliothécaire coordinateur. Au lieu d’amener les lecteurs vers un établissement de référence, c’est le livre qui va au contact des populations. Ce système a permis également d’installer, dans chaque commune, un point d’accès à internet, ouvert à tous et gratuit. » Un choix jugé pertinent par la direction départementale du livre et de la lecture (DDLL), qui a activement soutenu la mise en place du réseau. « L’idée d’avoir une bibliothèque dans chaque commune ne me choque pas, sous réserve que l’on puisse y trouver des conditions minimales d’accueil, des collections récentes et un programme d’animation, précise Mélanie Villenet-Hamel, directrice de la DDLL. Nous croyons beaucoup aux équipements de proximité. Les personnes qui ne fréquentent pas une bibliothèque proche n’ont aucune chance d’accéder à une médiathèque centrale. »Créé le 1 er janvier 2007, le réseau intercommunal de la Vallée de l’Hérault repose sur un transfert de compétences partiel. La structure, qui s’est dotée d’un service de coordination de trois personnes, a pris en charge la gestion des collections, l’informatisation des bibliothèques et la programmation d’animations culturelles. Elle a laissé aux communes le personnel (90 personnes dont 10 professionnels), les locaux et l’animation. La politique d’acquisition, quoique mutualisée, fait elle-même l’objet d’un financement partagé. Le budget, fixé à trois euros par habitant, est financé aux deux tiers par l’intercommunalité. Les villes y contribuent donc à hauteur d’un euro par habitant, y compris celles qui n’ont pas de bibliothèque.

Un service dédié aux attentes de la population

« L’idée était de créer une dynamique, indique Yvan Ravaz. L’intercommunalité fait un important effort d’investissement, il appartient aux communes de développer leur propre politique de lecture publique. Elles sont les mieux à même de proposer un service adapté aux attentes de la population. » Les orientations du réseau sont étudiées dans un cadre collectif. Un comité technique réunissant des représentants de chaque bibliothèque participe à l’ensemble des décisions, qu’il s’agisse d’harmoniser les règles de prêt, de fixer les tarifs d’inscription, de développer l’informatisation du réseau ou de mettre en place une politique d’acquisition de documents. Ce dispositif favorise également les coopérations et les échanges d’expériences. « C’est un fonctionnement très souple, sans structure hiérarchisée, qui permet à chacun de s’approprier les décisions », souligne Yvan Ravaz.

Fréquentation en hausse
Le programme d’informatisation, mené par étapes, touche aujourd’hui quinze municipalités. Avec un impact positif sur la fréquentation : le nombre d’inscrits dans ces bibliothèques a augmenté de 19 % en deux ans (4 854 inscrits 2008, contre 4 078 en 2006), tandis que 200 à 250 livres circulent chaque semaine d’une bibliothèque à l’autre. Dans le même temps, quatre communes ont engagé un projet immobilier, soit pour transformer un point lecture en bibliothèque à part entière, soit pour créer un équipement qui n’existait pas. « Nous n’avions jusqu’ici qu’une armoire avec quelques livres, témoigne Hélène Barral, maire de La Boissière (720 hab.). Nous avons aménagé une bibliothèque dans l’accueil de la mairie. Nous ne l’aurions peut-être pas fait sans l’appui du réseau intercommunal. En deux mois, nous comptons déjà 70 inscrits, alors qu’il n’y a pas encore eu d’inauguration officielle. Cela montre qu’il y avait un besoin de la part de la population. » L’élan impulsé par l’intercommunalité n’a pas encore entraîné toutes les municipalités. Sept d’entre elles ne disposent que d’une bibliothèque relais et six n’ont aucun équipement, même en projet. « Du travail reste à faire », admet Yvan Ravaz. (source : La Gazette des communes, n° 35/1997 du 21 septembre 2009, p. 44-45)
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